Éléments de génétique
Dernière mise à jour : le 16 juillet 2009

Le gène du déficit en alpha-1-antitrypsine (AAT) est situé à l’extrémité (télomère) du chromosome 14. Pour simplifier à l’extrême, le déficit en AAT est la conséquence d’une erreur de lecture de cette partie de l’ADN. Cette erreur de lecture peut être transmise par les parents à leurs enfants.
Éléments de
génétique
Comme nous l’avons expliqué
dans d’autres sections, le déficit en AAT est une maladie héréditaire. C’est
une maladie avec laquelle on naît et contre laquelle on ne peut rien faire.
Cela dit, sa gravité varie en fonction des allèles (variantes de gènes) hérités
des parents (M : allèle normal, Z et S : allèles défectueux). Les combinaisons
possibles sont donc MM (état de santé normal), ZZ (la forme la plus grave du
déficit) et les états intermédiaires (MZ, MS, SS, SZ, etc.). Chez un enfant qui
hérite d’un allèle normal et d’un allèle défectueux (génotype MZ ou MS, par
exemple), chacun des gènes s’exprime, c’est-à-dire dicte la production d’une
variante spécifique de l’AAT, qui peut être détectée dans le sang
(codominance). Les personnes atteintes d’un déficit grave en AAT (génotype ZZ
généralement) ont hérité d’un gène défectueux Z de chaque parent. Le gène
défectueux est récessif, c’est-à-dire qu’une personne avec un génotype MZ est
porteuse, mais, habituellement, ne développe pas la maladie.
Hérédité
Chaque personne possède
deux gènes codant pour l’AAT, mais ne peut transmettre que l’un ou l’autre de
ces gènes à chacun de ses enfants. Chaque enfant héritera donc de l’un des deux
gènes de son père et de l’un des deux gènes de sa mère, soit deux gènes sur
quatre. Si un homme et une femme ont chacun deux gènes M (normal), alors tous
leurs enfants auront nécessairement deux gènes M. De même, si un homme et une
femme ont chacun deux gènes Z (défectueux), tous leurs enfants sont destinés à
avoir deux gènes Z. Citons un autre exemple : si l’un des parents est MM et que
l’autre est ZZ, tous leurs enfants seront nécessairement MZ (état
intermédiaire). Il s’agit là des seules combinaisons possibles avec de tels
génotypes.
D’autres variations
génétiques existent lorsque les parents ne sont pas homozygotes, c’est-à-dire
qu’ils ne sont ni MM ni ZZ. Voici les différents scénarios possibles
:
- Si les deux parents
sont MZ, chaque enfant a une chance sur quatre (25 %) d’être ZZ, une
chance sur quatre (25 %) d’être MM et une chance sur deux d’être MZ (50
%).
- Si l’un des parents
est MM et que l’autre est MZ, la probabilité que chaque enfant soit MM
s’élève à 50 %, de même que la probabilité qu’il soit MZ.
- Si l’un des parents
est MZ et que l’autre est ZZ, alors la probabilité que chaque enfant soit
MZ s’élève à 50 %, de même que la probabilité qu’il soit ZZ.
Une personne qui hérite
d’une paire de gènes ZZ est prédisposée au déficit en AAT, mais il ne s’agit
pas que d’une simple relation de cause à effet.
Il arrive que des personnes ZZ
ne présentent jamais de signes cliniques de la maladie. Les personnes qui n’ont
hérité que d’un gène défectueux sont exposées à un faible risque de déficit en
AAT, en particulier si elles sont non-fumeuses. Il est évident que celles qui
héritent de deux gènes normaux ne courent aucun risque de présenter un déficit
en AAT ou ses complications.
Il est à
noter qu’en s’exprimant, certains allèles défectueux rares provoquent l’absence
d’AAT et une perturbation de la transmission génétique. On dirait alors que
l’un des parents de l’enfant n’est pas son « vrai » parent.
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